Imprimer

J'ai récemment lu sur un groupe de discussion un message qui faisait l'apologie de la généalogie gratuite notamment via un accès gratuit aux archives. Je sais que la généalogie est, et doit rester, synonyme de partage et d'entraide mais il y a certains moments où j'ai comme un doute sur le sens à donner au concept de partage.

Il y a quelques jours j'ai mis à jour mon arbre en ligne chez Geneanet pour que soient prises en compte mes dernières trouvailles et mes dernières petites corrections. Et je dois avouer que je suis un peu horrifié quand je vois que juste après d'autres mettent leurs arbres à jour en y incorporant mes données. Je sais que le sujet à déjà été abordé des centaines de fois sur le net mais je ne comprends vraiment pas la façon de penser des généalogistes. Il y a quelques mois quand j'ai expliqué que pour une partie de mes ancêtres des XIII, XIV et XVe siècles, j'avais du utiliser des sources bibliographiques anciennes, certains m'ont rit au nez en me faisant comprendre que c'était de la connerie et que je risquais d'utiliser des informations erronées et donc de faire des erreurs. Si on suit leur raisonnement, une généalogie trouvée sur le net est plus sûre qu'un bouquin d'histoire... C'est sûr.... il y a tellement peu de généalogiste qui font des erreurs et tellement d'historien qui en font....

Le catalogue des sujet ("Schlagwortkatalog") de la Bibliothèque de l'université de Graz. La fiche montrée contient la référence à un texte de Hans Schleimer définissant les règles de classification de ce catalogue.

 

Mais je m'éloigne du sujet que je voulais aborder avec vous aujourd'hui. Je propose la mise en place du concept de "copyright généalogique". Je n'ai pas encore eu le temps de trouver la manière de le mettre en place (je viens d'avoir l'idée ce matin pendant mon petit déjeuner). Mais le but serait de créer un moyen de protéger nos données sur le modèle du copyleft ou de la licence GNU. Une personne pourrait réutiliser les données d'un autre mais elle ne pourrait pas s'en octroyer la paternité. Actuellement, c'est déjà le cas, mais ce n'est pas formel. Je sais ce que vous allez me dire, comment une personne peut-elle prouver que ses données ont été pillées, sachant que le pilleur peut toujours dire qu'il a fait les recherches lui-même ? Dans ce cas je vais juste vous répondre que selon moi, une personne qui a recopié les données des autres pour gonfler son arbre généalogique n'est pas un véritable généalogiste (je ne tiens pas compte du don volontaire). C'est normal de jeter un oeil sur les données des autres mais je vois ça comme une façon de trouver un acte manquant, de se  découvrir des cousins ou encore de débloquer une situation. Avec l'arrivée des archives en ligne, la généalogie s'est de plus en plus démocratisée, je croise souvent des gens qui me disent qu'ils ont envie de s'y mettre mais n'ont pas le temps (je pense plutôt qu'ils n'ont pas le courage mais bon...) Aussi, devant cet afflux de généalogistes, c'est à nous les anciens, qui avons connu l'ère "pré-internet" de mettre en place de nouvelles régles pour éviter une baisse de la qualité de nos données.

Pour conclure, je voudrais ajouter que ce concept de "copyright généalogique" n'a pas vocation à définir un acte de propriété vis à vis de nos ancêtres respectifs, il s'agirait juste de proteger de nombreuses années de recherche et de travail tous en essayant de rester en accord avec le code de déontologie de la généalogie de la Fédération Française de Généalogie, je pense notamment à l'article intitulé "L'entraide mutuelle" qui dit : "Le généalogiste partage le fruit de ses recherches en les publiant ou en déposant une copie de son travail à la bibliothèque d'une société dont il est membre.". En clair, ce "copyright généalogique" permettrait de partager sans être pillé.

(crédit photo : Dr. Marcus Gossler - Wikipédia)