Genealexis

Histoires d'hier et d'aujourd'hui...

Hors-Sujet

Je sais que cet article va être compliqué à lire, mais rassurez-vous, c’est tout aussi compliqué pour moi d’en parler, et de trouver les mots qui conviennent sans donner l’impression de tomber dans la mendicité.

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez sans doute qu’il y a quelques mois, je me suis lancé dans un projet complément fou : créer PubliGED, un CMS (système de gestion de contenu) qui serait 100% dédié à la généalogie. Le projet avance doucement et sûrement, je ne peux pas encore proposer à des utilisateurs de tester, mais je peux éventuellement faire tourner une démo « en direct » pour montrer un peu les fonctionnalités à une personne qui voudrait en savoir un peu plus. J’ai fait un premier budget prévisionnel (hors main d’œuvre) et j’ai mis le projet sur la plateforme de financement participatif Tipeee pour essayer de trouver des fonds. De vous à moi, c’est plus ou moins un échec. J’imagine que les raisons sont nombreuses : manque d’intérêt, inflation, problèmes de communication, ou peut-être Tipeee qui souffre de sa réputation ?

C’est pour cette raison que je me tourne vers vous aujourd’hui. J’ai décidé de passer sur Utip et de laisser tomber Tipeee. Cette fois, l’idée n’est plus de soutenir uniquement PubliGED, mais aussi tous les sites faisant partie de ce que l’on pourrait appeler « la sphère Généalexis » :

- Genealexis : histoires d’hier et d’aujourd’hui
- Histoires de Poilus : le site sur les soldats de la Grande Guerre
- Imerológio : le convertisseur de dates
- PubliGED : le projet de CMS

Cette fois, votre « don » ne part plus vers un obscur projet que vous connaissez juste à travers des captures d’écran, mais il vous permet aussi de soutenir l’écriture d’articles sur mon blog, l’écriture de guides de recherche, les voyages dans les cimetières pour vous proposer de plus en plus de photos de tombes ou de monuments, et sur le long terme, nous dirons au revoir aux vilaines publicités proposées par Google et qui envoient des petits cookies sur votre ordinateur. J’ai d’autres projets dans mon sac à malices : je rêve en secret (attention spoiler) de transformer Genealexis en une forme de podcast dédié à la généalogie et à l’histoire, et pourquoi pas, faire de petites vidéos où, pendant 2 ou 3 minutes, à peine le temps de se faire un œuf, je vous parlerai d’un monument ou d’un lieu sympa ? Un peu comme des petits reportages ? Il y a quelques années, je voulais créer une webtv de la généalogie, il m'arrive de rêver à une renaisssance de ce projet.

Si vous êtes arrivé à ce stade de mon texte, merci, vous avez pris la peine de me lire jusqu’au bout. Je voudrais aussi profiter de l’occasion pour remercier les internautes qui m’envoient des mails pour me féliciter pour mon travail, me demander des conseils, ou même m’envoyer des documents. Vous êtes super, surtout ne changez pas.

Une dernière petite chose avant de vous quitter et de vous laisser retourner à vos occupations préférées : La page Tipeee de PubliGED va rester ouverte, car beaucoup de liens sur des forums ou des blogs y mènent, mais elle ne sera plus mise à jour.

C'est par là: https://utip.io/genealexis/

Je n’ai jamais réellement été doué avec les mots, c’est comme ça depuis toujours et de vous à moi, je dois avouer que c’est souvent ma mère qui écrivait mes rédactions quand j’allais à l’école. Peut-être que la raison qui justifie mon célibat est le manque de mots à mettre derrière les sentiments ? Pourtant, aujourd’hui, j’ai eu envie de prendre mon plus beau clavier, celui qui a les touches usées par le temps et le Z qui remonte de moins en moins à force de jouer à Call of Duty ou à Neverwinter, pour vous raconter une histoire.

Nous sommes dans une petite ville d’une Nord de la France, au milieu des années 90. Un ado d’une quinzaine d’années passe la semaine chez ses grands-parents maternels. Pour s’occuper, il dessine. Il n’est pas très doué, et était sans doute absent le jour de la distribution des talents, mais il n’a pas beaucoup de recul sur la vie et il a une forte tendance à penser que ses dessins font plaisir à sa mamie. Ce matin-là, dans un moment d’ennui profond, il est assis sur un petit banc en bois dont l’assise est recouverte d’osier. Normalement, c’est la place du chat, mais bon… Comme de toute façon, il ne passe jamais le bout de son nez, il ne lui en voudra pas. Notre héros regarde sa grand-mère qui s’affaire dans la cuisine, un enfant vous dirait sans doute qu’elle fait ses trucs de maman. Il aime bien ses grands-parents, ils sont généreux, drôles, gentils et surtout très attentionnés. Pourtant, ce jour-là, il s’ennuie. Comme un défi, sa grand-mère lui propose de faire son arbre généalogie. Il prend une feuille, comme celles où il a l’habitude de croquer des bonhommes maladroitement, puis, timidement, il commence : Lui, sa petite sœur née 5 ans plus tôt, ses parents, puis ses grand-parents et ses arrière-grands-parents. L'aventure commençait.

Les années passent doucement, et l’ado devient un étudiant en mathématiques. Il découvre la BU, et devient sans vraiment sans rendre compte un rat de bibliothèque, il dévore les livres et se prend de passion pour l’antiquité en s’amusant à faire les arbres généalogiques des dieux gréco-romains. Le jeune adulte qu’il est découvre la généalogie dans les mairies, avec des secrétaires de mairie qui donnent beaucoup de leur temps, et d’autres qui font payer les photocopies une petite fortune. La fac, c’est aussi la découverte d’Internet et les premiers pas vers la généalogie numérique. Il découvre qu’il n’est pas le seul à parcourir les cimetières pendant des heures, d’autres ont la même passion que lui et certains sont même des cousins proches dont il ignorait totalement l’existence. Il est tellement passionné qu’après sa réorientation, il trouve une folle idée pour lier l’informatique et la généalogie pour son projet de fin d’études.

Les années continuent de passer et les créations s’enchaînent avec un site d’entraide et un premier site perso. Il a des projets pleins la tête, il a envie de créer une webtv de la généalogie, il organise des soirées thématiques sur le chat de son site, certaines sur la guerre de 1870 et d’autres sur l’origine des noms de famille. Il est fou de joie quand il reçoit des mails où on lui demande des conseils, où on le félicite pour ses articles ou sa façon d’écrire. L’ado est maintenant un homme. Les années sont vite passées, un peu trop même. Pourtant, il a encore et toujours des projets pleins la tête.

Cette histoire, vous l’aurez deviné, c’est la mienne. Aujourd’hui, je ne me reconnais plus dans la généalogie et dans ce qui est pour moi une passion. Elle ressemble à une guerre civile où différents clans passent leur temps à se faire des crasses. C’est devenu une course à l’ancêtre où tels des Marios (ndla : un héros de jeux-vidéos), les généalogistes auraient pour seul but de collecter un max d’ancêtres, peu importe la qualité de mon travail et de mes recherches, tant que j’en ai une plus grosse que toi (on parle de la base de données hein..). Je passerai sous silence les gens qui se relient à Nabuchodonosor, Adam, à Jules César ou à Dieu (oui oui, ça existe.), ce n’est pas le but de cet article et je pourrais sûrement écrire des pages et des pages sur le sujet. La généalogie est aussi devenue un vaste terrain d’expériences génétiques où les gens envoient leur ADN à des boîtes situées aux USA pour tenter de retrouver leurs origines. Je me demande vraiment ce que ça va donner dans quelques années, aurais-je le droit à des « Bah… Comment tu fais tes recherches sans tests ADN ? ». Je sais ce que vous allez me répondre, chacun est libre de ses actes (ah ah!) et de faire ses recherches comme il en a envie. Oui… Je sais bien, mais je m’inquiète vraiment de la tournure que ça prend et pour l’avenir de la généalogie.

L'histoire que je vais partager avec vous aujourd'hui se déroule entre la fin des années 30 et le début des années 40, dans une Corée occupée par les japonnais. Je vais passer les détails historiques et politiques qui font que la Corée a été annexée par le Japon en 1910 car ça risque de vous ennuyer et perdre la moitié de mes lecteurs. Pour faire bref, il faut imaginer une Corée occupée par l'Empire Japonnais et dont la langue maternelle est prohibée à l'école, dans les lieux publics et lors des manifestations officielles depuis 1938. En 1940, les Coréens sont même priés d'abandonner leurs noms pour adopter un patronyme japonnais. Dans les faits, on estime à moins de 1 sur 10 le nombre de famille s'étant pliée à la "demande" de l'envahisseur japonnais.

Cette histoire, c'est également celle de Dani, héros du film "L'arbre généalogique", de Im Kwon-taek. Dani est un fonctionnaire japonais du gouvernement provincial du Gyunggi-do. Son service s’occupe de transformer le nom des Coréens en patronymes japonais, suivant les ordres du gouverneur général. Sul Jin-young, un Coréen fier et têtu, refuse de changer son nom. Dani finit par le respecter et tombe amoureux de sa fille, Ok-sun. Le conflit entre son devoir et le respect qu’il éprouve pour l’orgueil de Sul et sa volonté de conserver le nom familial sera lourd de conséquences.

affiche du film de The Genealogy Pedigree de Kwon-taek Im

L'affiche du film
"L'Arbre Généalogique" (1978)

Note: le film est connu sous d'autres noms: "Jokbo" (en coréen), "The Genealogy" ou "The family Pedigree" (versions anglaises).

Si, comme moi, vous vous intéressez à l'histoire locale, vous suivez sans aucun doute de très près les découvertes archéologiques qui précédent les aménagements urbains. D'ailleurs, je ne sais pas si vous vous souvenez mais il y a quelques années, je vous avais un peu parlé des fouilles préventives de Famars, juste avant la construction de ce qui allait devenir le technopole. Le soucis pour nous, les petits curieux de l'histoire, c'est que la plupart du temps les zones de fouilles sont fermées au public (je profite d'ailleurs de cet article pour vous rappeler que faire vos petites prospections est interdit). Il y a quelques semaines, j'ai découvert via Twitter qu'il était maintenant possible de visiter les zones de recherche de façon virtuelle, sans même prendre la peine de sortir de son salon. Alors je sais ce que vous allez me dire, Quid des pieds dans la boue ? Quid du plein air ? Quid du frisson de la découverte ? Je sais bien... mais honnêtement, je trouve que c'est une bonne alternative. 

https://sketchfab.com/3d-models/fouilles-valenciennes-59-f3f21aef5d914bcb84fbe35e09d0586b

Les fouilles de mon exemple sont celles menées sur le chantier du futur cinéma de l'Arsenal, dans le centre ville de Valenciennes, par les services de la ville. Les archéologues ont exhumé les fondations d'une vaste demeure du XVe siècle. La demeure de la famille Lannoy, riche famille valenciennoise.

 

Vue en 3D des fouilles archéologiques du passage de l'Arsenal à Valenciennes

Les fouilles de l'Arsenal à Valenciennes 

Vue en 3D des fouilles archéologiques du passage de l'Arsenal à Valenciennes

Les fouilles de l'Arsenal à Valenciennes

La navigation se fait à l'aide de la souris : le bouton gauche pour faire pivoter la vue, le bouton droit pour la faire glisser dans les 4 directions et enfin la roulette pour zoomer et dézoomer. Je me suis intéressé aux fouilles de Valenciennes car il s'agit de celles à côté desquelles je passe assez souvent, mais vous pouvez également choisir de visiter une église souterraine à Aubeterre (en Charente) ou le château de Manasija (en Serbie). 

 

Vue en 3D des fouilles archéologiques du Château de Manasija en Serbie

Le Château de Manasija (Serbie) 

Noël approchant à grand pas, je vous propose cette semaine un article gentil. Quelque chose où il n'y a rien de compliqué, aucun coup de gueule de ma part, mais juste quelques lignes à lire. Il s'agit d'une fable de Jean de La Fontaine (1621-1695) intitulée "Le mulet se vantant de sa généalogie".

 

Le Mulet d'un prélat se piquait de noblesse, 
Et ne parlait incessamment 
Que de sa Mère la Jument, 
Dont il contait mainte prouesse.
Elle avait fait ceci, puis avait été là. 
Son Fils prétendait pour cela 
Qu'on le dût mettre dans l'Histoire. 
Il eût cru s'abaisser servant un Médecin. 
Étant devenu vieux on le mit au moulin. 
Son Père l'Âne alors lui revint en mémoire. 
Quand le malheur ne serait bon 
Qu'à mettre un sot à la raison, 
Toujours serait-ce à juste cause 
Qu'on le dit bon à quelque chose.