Genealexis

Histoires d'hier et d'aujourd'hui...

Hors-Sujet

L'histoire que je vais partager avec vous aujourd'hui se déroule entre la fin des années 30 et le début des années 40, dans une Corée occupée par les japonnais. Je vais passer les détails historiques et politiques qui font que la Corée a été annexée par le Japon en 1910 car ça risque de vous ennuyer et perdre la moitié de mes lecteurs. Pour faire bref, il faut imaginer une Corée occupée par l'Empire Japonnais et dont la langue maternelle est prohibée à l'école, dans les lieux publics et lors des manifestations officielles depuis 1938. En 1940, les Coréens sont même priés d'abandonner leurs noms pour adopter un patronyme japonnais. Dans les faits, on estime à moins de 1 sur 10 le nombre de famille s'étant pliée à la "demande" de l'envahisseur japonnais.

Cette histoire, c'est également celle de Dani, héros du film "L'arbre généalogique", de Im Kwon-taek. Dani est un fonctionnaire japonais du gouvernement provincial du Gyunggi-do. Son service s’occupe de transformer le nom des Coréens en patronymes japonais, suivant les ordres du gouverneur général. Sul Jin-young, un Coréen fier et têtu, refuse de changer son nom. Dani finit par le respecter et tombe amoureux de sa fille, Ok-sun. Le conflit entre son devoir et le respect qu’il éprouve pour l’orgueil de Sul et sa volonté de conserver le nom familial sera lourd de conséquences.

affiche du film de The Genealogy Pedigree de Kwon-taek Im

L'affiche du film
"L'Arbre Généalogique" (1978)

Note: le film est connu sous d'autres noms: "Jokbo" (en coréen), "The Genealogy" ou "The family Pedigree" (versions anglaises).

Noël approchant à grand pas, je vous propose cette semaine un article gentil. Quelque chose où il n'y a rien de compliqué, aucun coup de gueule de ma part, mais juste quelques lignes à lire. Il s'agit d'une fable de Jean de La Fontaine (1621-1695) intitulée "Le mulet se vantant de sa généalogie".

 

Le Mulet d'un prélat se piquait de noblesse, 
Et ne parlait incessamment 
Que de sa Mère la Jument, 
Dont il contait mainte prouesse.
Elle avait fait ceci, puis avait été là. 
Son Fils prétendait pour cela 
Qu'on le dût mettre dans l'Histoire. 
Il eût cru s'abaisser servant un Médecin. 
Étant devenu vieux on le mit au moulin. 
Son Père l'Âne alors lui revint en mémoire. 
Quand le malheur ne serait bon 
Qu'à mettre un sot à la raison, 
Toujours serait-ce à juste cause 
Qu'on le dit bon à quelque chose. 

Comme chaque année, je vous propose un interlude à l’occasion des vacances d'été. L'année dernière, je vous avez fait découvrir les paradoxes grecs dans un article intitulé "Les grecs sont-ils des menteurs ?", titre qui n'était peut-être pas le meilleur quand on pense à la situation économique de la Grèce. Bref, cette année je vous ai trouvé un "Dictionnaire des calembours et des jeux de mots" écrit en  1860 par Passard, François-Lubin. Un bon moyen de découvrir si l'humour de nos ancêtres ressemblait au notre. J'en doute, car quand je pense à mes ancêtres qui pour la plupart travaillaient dans des mines ou des fillatures, je ne pense pas qu'ils aient souvent eu envie de rire et de toute façon ils ne savaient même pas lire. Voici une sélection de ces calembours.

Amuser

Le fils d'un paysan, qui se mourait, alla chercher son curé pour l'assister; il était une heure du matin. Le pauvre garçon resta deux grandes heures à la porte, l'appelant tout doucement, de peur de l'éveiller brusquement. Quand le curé se leva et qu'il apprit la chose : "mais mon enfant, lui dit-il, votre père à présent sera mort." "Oh! non, monsieur le curé, Pierrot, notre voisin, m'a promis qu'il l'amuserait jusqu'à votre arrivée."

Encre

Un voyageur revenant d'Angleterre s'excusait auprès de sa femme de ne lui avoir pas écrit. "C'était mon intention, disait-il, mais je ne l'ai pas pu parce qu'en arrivant à Douvres, on a jetté l'ancre.

Maréchal

Un maréchal ferrait un des chevaux d'un maréchal de France qui passait sur la route. Pendant l'opération, il entendit les domestiques qui appelaient l'illustre voyageur "monsieur le maréchal" et, quand on fut pour le payer, il refusa, en faisant observer qu'il ne se prenait rien d'un confrère.

Jocrisse

Personnage des farces modernes, dont les bêtises ont un cachet particulier. Il aime beaucoup sa soeur et veut l'épouser."Mais je ne peux pas t'épouser, lui dit-elle; je suis ta soeur. Nous sommes trop proches parents." "Quelle bêtise, dit Jocrisse, trop proches parents ! Mon père a bien épousé ma mère."

Questions grotesques

Pourquoi les pompiers n'aiment-ils pas César ?
Parce qu'ils sont engagés pour pomper.

Quel est le premier homme du monde ?
Le rhum de la Jamaïque.

Quel fut l'empereur romain le moins gênant ?
L'empereur Commode.

Quel est l'ami le plus désagréable ?
La migraine.

 

Bonnes vacances à tous :-)

L'article d'aujourd'hui se résume à une simple image. A premier abord, elle peut paraitre totalement hors sujet puisqu'elle traite ni d'histoire, ni de généalogie. Pourtant, comme les cartes postales anciennes, elle peut presque servir à raconter l'histoire de toute une génération. Une génération qui a grandi avec une bande d'animateurs qui lui faisait découvrir le monde: Le Club Dorothée. Si vous êtes observateurs, vous aurez remarqué qu'une erreur de frappe a fait du Club Dorothée nos Expendables à nous. (L'image est extraite du Télé Z n°1698 page 49)

Le Club Dorothée dans Télé Z

 

Pour une fois, je vais vous parler de quelque chose qui n'a rien à voir avec l'histoire ou la généalogie. D'une certaine façon, on peut dire qu'il s'agit d'un interlude que je vous propose à l'occasion des vacances. Vous savez... le genre de chose qui entre dans la tête et ne peut jamais en sortir ? Un peu comme quand vous vous levez le matin avec une chanson dans la tête et que vous la fredonnez toute la journée. Projetons-nous au IVe avant Jésus-Christ

Eubulide de Milet était un philosophe grec qui est né au milieu de IVe siècle avant Jésus-Christ à Milet, une ville située à côté de Balat dans l'actuelle Turquie. Pour ceux que ça intéresse, Eubulide était le disciple de Euclide de Mégare (qui n'a rien à voir avec Euclide le mathématicien) et un adversaire de Aristote (un grec aussi). De nos jours, il est surtout connu comme être le découvreur de nombreux paradoxes philosophiques célèbres comme le paradoxe du menteur et les paradoxes sorites qui sont considérés comme non résolus par les logiciens (ce qui font de la logique) actuels. C'est le premier de ces paradoxes qui nous intéresse aujourd'hui : celui du menteur. Il aurait été énnoncé une première fois par Epiménide au VIIe siècle avant Jésus-Christ mais ce personnage étant légendaire, les historiens considèrent plutôt que l'auteur serait Eubulide de Milet. Mais nous allons tout de même pas passer le reste de la journée à nous demander qui est l'auteur de ce paradoxe...

 

amphithéâtre de milet

L'amphithéâtre de Milet

 

Par une belle journée comme il pouvait y en avoir à Milet, notre ami philosophe Eubulide énonça la phrase suivante:

Un homme disait qu'il était en train de mentir. Ce que l'homme disait est-il vrai ou faux ?

Cette phrase dit-elle vraie ? Supposons que la réponde soit oui. Cette phrase étant vraie, ce qu'elle nous dit, à savoir que l'homme ment doit être vrai aussi. Notre personnage ment. Ainsi, ce qu'il dit est faux et, par voie de conséquence, il n'est pas vrai qu'il mente. Il dit donc la vérité. C'est donc qu'il ment. Je vous laisse méditer là dessus... Mais faites attention car on raconte que le poète grec Philetas de Cos serait mort d'insomnie en 270 avant Jésus-Christ tant il était obnubilé par la résolution de ce paradoxe.

 

un singe qui pense

 

Tout à l'heure je vous ai parlé des paradoxes sorites. Le plus connu de ces paradoxes est celui du tas.

Si l'on ôte un grain d'un tas de blé, on a toujours un tas. Si on retire deux grains, cela ne change pas plus. De même avec trois grains, etc. Finalement, on a un tas sans plus un seul grain.

Ce paradoxe a pour but d'essayer de nous convaincre que l'on ne peut pas constituer un tas en accumulant des grains. Un grain de blé ne constitue pas un tas de blé. Si on retire un grain de blé à un tas de blé, on obtient un nouveau tas de blé. Donc si en partant d’un tas de blé, on retire des grains de blé un par un jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul grain de blé alors on obtient un tas de blé... Autrement dit il existe un tas de blé qui n’est pas un tas de blé. je pourrais reformuler cette histoire de grains de blé en utilisant des poils de barbe, mais c'est moins drôle.

On peut enlever un poil de barbe à un barbu, il restera barbu cependant, après un certain nombre de poils enlevés il ne le sera plus. À partir de combien de poils changera-t-il de statut ?

Bonnes vacances à tous...