Genealexis

Histoires d'hier et d'aujourd'hui...

Album d'ancêtres

Il y a quelques années, ma tante paternelle a rencontré (un peu par hasard je crois) une personne qui porte le même nom de famille que nous et qui se trouve être le frère d’Alain AMAND, un pianiste qui après être rentré en 1979 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, obtient entre autres le Premier Prix de Musique de Chambre en 1982 et le Premier Prix de Piano à l’unanimité en 1984. Comme Proust et sa madeleine, la mention de ce nom a réveillé en moi des souvenirs. Fabien, aujourd’hui trombone solo à l’Opéra de Paris, m’avait demandé quand nous étions au collège si Alain, qui était alors son professeur au Conservatoire de Valenciennes, était un de mes parents. Je me souviens que j’avais répondu oui, sans même avoir pris la peine de poser la question à mon grand-père qui m’a expliqué cette parenté par la suite en mentionnant toute une série de frères et de cousins mais avec le temps, j’ai tout oublié.

 

madeleine de proust

  

Alors ? Cousin ou pas cousin ?

Il y a quelques mois, je suis parti à la découverte des ancêtres d’Alain pour déterminer si il existe une parenté entre ma famille et la sienne. Je dois avouer que j’ai longtemps hésité avant de commencer cette recherche car d’un côté il y a ma tante qui me semble convaincu que cet “Amand” est un de nos cousins, de l’autre il y a mon grand-père qui m’avait dit qu’Alain était mon cousin. Mais au-delà de mes états d'âmes, je pense que c’est mon devoir de généalogiste que de rétablir la vérité.

Pour ne pas embêter les gens avec des questions auxquelles ils n’ont pas toujours envie de répondre (surtout quand on sait qu’Alain est décédé en 1995) j’ai voulu partir de zéro, avec juste sous les yeux une date et un lieu de décès. Mon plus beau clavier entre les mains, j’ai envoyé une demande d’acte de décès à la mairie de Paris. En étudiant cet acte, j’ai ainsi pu trouver l’acte de naissance et le nom des parents d’Alain. J’ai utilisé la méthode connu de tous les généalogistes et qui permet de remonter les générations d’actes en actes. Ses ancêtres sont essentiellement des bateliers, je ne vous cacherais donc pas qu’ils étaient très mobiles, sont nés, se sont mariés et sont décédés au fils de l’eau. J’ai ensuite pu relier Alain à une petite base de données à propos des bateliers de Condé que j’avais commencé à faire il y a un peu moins de 10 ans.

 

Les quais à Condé sur une carte postale ancienne

Les quais à Condé-sur-Escaut

Dans l’état actuel des recherches, Alain AMAND ne cousine pas avec moi, je n’ai pas encore trouvé les 2 frères qui permettraient de relier nos deux généalogies. Pour résumer simplement, mes ancêtres travaillaient sous terre, les siens sur l’eau. Vous pouvez retrouver l’étude que j’ai réalisée sur les ancêtres de mon “cousin pianiste”, en cliquant sur le lien ci-dessous.

Voir la généalogie d'Alain AMAND

 

Un de mes ancêtres, valenciennois de naissance, s’appelait Albert REGHEM et est décédé à l'Hôpital des fortifications de Dresde le 7 juillet 1813 d'une forte fièvre. J’ai essayé de localiser cet hôpital mais les fortifications ont été détruites sous l’ordre du  roi Frédéric-Auguste à partir de 1815. J’ai juste pu localiser l’hôpital des hommes et l’hôpital du Saint-Esprit, reste à savoir s’ils ont été utilisés comme hôpitaux militaires pendant l’occupation de la ville par les troupes de Napoléon en 1813. A moins qu’il ne s’agisse d’un hôpital de campagne qui aurait été établi provisoirement ?

 

acte de baptême de Albert Reghem

Acte de baptême d’Albert
(source : Archives Départementales du Nord) 

 Albert REGHEM était né à Valenciennes le 27 mai 1774, fils de Charles Imbert et de Marie Barbe LOIRE, deux valenciennois vivants rue Saint François, Paroisse Saint-Géry. Il est baptisé dès le lendemain par Philippe Joseph BOMAIRE, vicaire de Saint Gery. Le 31 décembre 1797, il épouse Marie Thérèse COLMONT. Quelques mois plus tard, le dimanche 5 mai 1799 (16 floréal an VII), le couple aura une fille (mon aïeule) à laquelle ils donneront les prénoms de Marie-Barbe mais ça, c’est une autre histoire !

 

eglise saint gery de valenciennes d'après un dessin de simon le boucq

L’ancienne église Saint-Géry vers 1650 
(d'après Simon Le Boucq, Prévôt de Valenciennes)

J’ai toutefois un petit soucis car sur son acte de décès, le nom de sa mère est devenu Marie BARDOIT alors que sur tous les autres documents que j’ai pu trouver (son acte de baptême et son acte de mariage) il est bien indiqué que sa mère s’appelle Marie Barbe LOIRE. Si vous avez une info, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire. Pour ma part, je pense qu’il s’agit juste d’une erreur de retranscription du décès. Autre petite chose intéressante, le père d’Albert était le cocher de l’abbé de Saint-Jean.

Sur ce document, il est aussi précisé qu’Albert était sergent et soldat d'ambulance dans l’infanterie. Au début des guerres révolutionnaires, dans les années qui précédent le Premier Empire, les soins aux blessés, quand ils ne souffrent pas de carences extrêmes, sont souvent  inexistants.  Seule la garde impériale, quelques années plus tard, disposera du meilleur service de santé possible. Des ambulances volantes seraient apparues en 1797, à l'initiative de Jean Dominique LARREY, chirurgien en chef de la Grande Armée.

 

dessin d'une ambulance de Larrey pendant le premier empire

Une ambulance de Larrey

Vêtus de gris jusqu'à ce qu'en 1809 on donne un uniforme de coupe militaire, les soldats d'ambulances sont alors formés en 10 compagnies de 125 hommes. Ils portent un chapeau noir, puis un shako noir sans cordon, à plaque de cuivre jaune avec le numéro de la compagnie, veste blanche, culottes blanches, guêtres et chaussures noires. Leurs grades sont : Centenier, commandant de compagnie, Sous-Centenier, Sergent-major, Sergent et caporal. En 1812, le nouveau règlement leur donne la poche en long, supprime le fusil et la giberne est remplacée par un sac à compartiments pour contenir les objets de 1er secours pour les blessés. Ils ont également une tenue de travail (Bonnet de police et tablier). Ils sont encadrés par les Médecins, les Chirurgiens et les Pharmaciens de 1ère, de 2ème ou 3ème classe et détachés suivant leur classe auprès des Etats-Majors, des Régiments, des Ambulances ou des Hôpitaux Militaires. La Garde possédait un Service de Santé particulièrement bien organisé, en raison de l'attention spéciale qu'accordait l'Empereur à Larrey. Larrey avait alors divisé son ambulance volante en 3 divisions comprenant chacune 75 infirmiers à pied, 36 infirmiers à cheval et 60 conducteurs.

 

uniformes des soldats d'ambulance

uniformes des soldats d'ambulance

 

 

Ressources:

Biographie de Dominique-Jean LARREY sur le site internet Medarus
Uniformes et Armes de Fred et Liliane FUNKEN
Histoire ecclésiastique de la ville et comté de Valenciennes par Sire Simon Le Boucq, Prévôt de Valenciennes (1650)

 

Le plus vieil ancêtre sur ma branche patronymique est Alexis Silvestre AMAND.

Il voit le jour vers 1681, fils légitime de parents que je n'ai pas encore trouvé. Mais selon un de mes cousins belges, (Joseph Charles Albert AMAND, webmaster de http://www.amand.be) il serait le fils de Pierre Joseph AMAND.

Alexis était Chaufournier. Le chaufournier est, dans la production de la chaux vive, l'ouvrier conducteur du four à chaux. Par extension il désigne l'exploitant d'un four à chaux. Dans le langage des mines et carrières, chaufournier désigne aussi l'exploitant industriel d'une entreprise de production de chaux. En Egypte, à l'époque pharaonique, les chaufourniers remployaient le calcaire utilisé dans la construction des temples, des palais ... Mais là, on s'écarte un peu du sujet.

coupe de fonctionnement d'un four à chaux

Fonctionnement d'un four à chaux

Il s'unit avec Marie Claude ROBER(T) le vendredi 8 mai 1711 dans la ville de Mons.

"Monsieur Vergnies, prêtre, a conjoint en mariage dans la ville de Mons, Silvestre Alexis Amand et Marie Claude Robert, tous deux de la paroisse de Thulin.  Compasteur Philippe François Jean en a donné la commission au dit Vergnies.  Furent témoins Joseph Moreau, chapelain de Ste Wandru et Marie Joseph Baugraud."

acte de mariage AMAND - ROBERT à mons

Acte de mariage d'Alexis

Ce couple aura neuf enfants :

  • Catherine née en 1712.
  • Nicolas né en 1715.
  • Jacques né en 1716.
  • Alexis né en 1718.
  • Thérèse née en 1719.
  • Jean Joseph né en 1721.
  • Etienne né en 1723.
  • Jean né en 1729.
  • Jean né en 1731 (mon ancêtre).

Alexis S. AMAND est décédé le vendredi 4 janvier 1743, à l'âge de 62 ans, à Thulin et inhumé "au cimetière le cette église"

Acte de décès d'Alexis

Acte de décès d'Alexis

Note: dès que possible, je mettrai en ligne des copies un peu plus lisible des actes.

Il y a quelques années, j'avais écrit un article où j'expliquais comment j'étais "remonté" jusque l'un de mes ancêtres ayant vécu au VIIe siècle . J'ai le souvenir qu'il avait déclenché une petite polémique, certaines personnes m'avaient par exemple demandé si j'avais les actes de naissances de Baudouin V de Flandres ou celui d'Hugues le Grand. De rage, j'avais enlevé l'article. Non pas que j'étais blessé, disons plutôt que j'étais révolté de voir qu'il existe parmi les généalogistes des personnes qui ne jurent que par l'état-civil, qu'ils considèrent comme une valeur sûre. Ont-ils oubliés qu'il existe d'autres sources ? Il faut juste tenir compte de ce que j'appelle le "degré de certitude". Par exemple pour la branche dont je vous parle ici, qui nous emmène d'Alexis AMAND (moi) à Lambert DE HAYES qui a vécu au VIIe siècle après Jésus-Christ, les données des générations 1 à 18 sont plus sûres et fiables que celles des générations 19 à 28 qui a leurs tours sont plus fiables que celles des générations 29 à 43. Pour simplifier, j'ai séparé la branche en 4 parties, selon les sources utilisées.

J'ai bien conscience que plus on remonte dans le temps, plus certaines données peuvent et doivent être considérées comme hypothétiques, mais je pense aussi qu'en tant que généalogistes nous n'avons pas le droit de les ignorer.

Etat-civil (dont registres paroissiaux)

1) Alexis AMAND
2) Serge AMAND - Marie Claire FIEVET
3) Adolphe AMAND - Noëlla JOLY
4) Adolphe AMAND - Elise BRASSEUR
5) Adolphe AMAND - Eva QUINTIN
6) Adolphe AMAND - Antoinette BROUETTE
7) Adolphe AMAND - Marie Reine VALLEE
8) Romain AMAND - Désiré Sophie VILAIN
9) Jean Joseph AMAND - Alexandrine DEBIEVE
10) Gabriel DEBIEVE - Marie Antoinette PIERARD
11) Michel DEBIEVE - Anne thérèse DEHENIN

Livre "Les Rinchon de Thulin et leurs alliances"

12) François DEHENIN - Marie PREVOST
13) Henry DE HAYNIN - Marie TESTART
14) Balthazar DE HAYNIN - Anne LELEU
15) Pierre DE HAYNIN - ?
16) Pierrard DE HAYNIN - ?
17) Thierry DE HAYNIN - ?
18) Thierry DE HAYNIN - Marie DE MAFFLES

Documents issus du groupe Yahoo des DE HAYNIN dont ceux sur les DE HAYNIN de l'est du Valenciennois.

19) Jean Brognart DE HAYNIN - ?
20) Jehan Bastart DE HAYNIN - ?
21) Jean Brognart DE HAYNIN - Marie DE ROISIN
22) Jean Brognart DE HAYNIN - Marie DE POTTE
23) Etienne DE HAYNIN - Marie DU BREUCQ
24) Waltier DE HAYNIN - ?
25) Brogniart DE HAYNIN - ?
26) Waltier DE HAYNIN - ?
27) Gossuin DE HAYNIN - ?
28) Etienne DE HAYNIN - Rose DE MONS (fille de Gossuin III qui suit)
29) Gossuin III DE MONS - Béatrix DE RUMIGNY

"Provinces, Pays, and Seigneuries of France" Par Paul D. Abbott (1981)

30) Hugues DE RUMIGNY et Alix DE HAINAUT (fille de Baudouin II qui suit)
31) Baudouin II DE HAINAUT (comte de Hainaut et de Valenciennes de 1070 à 1098) et Ide DE LOUVAIN
32) Baudouin VI DE FLANDRES dit de Mons (Comte de Flandre de 1067 à 1070, et Comte de Hainaut de 1051 à 1070) et Richilde DE HAINAUT

"Les carolingiens, une famille qui fit l'Europe" de Pierre Riché (1983)

33) Baudouin V DE FLANDRES dit Le Pieux (Comte de Flandre de 1035 à 1067) et Adèle DE FRANCE (fille de Robert II de FRANCE)
34) Robert II DE FRANCE (Roi des Francs de 996 à 1031) et Constances d'ARLES
35) Hugues CAPET (Roi des Francs de 987 à 996) et Adélaïde D'AQUITAINE (descendante de Rollon, 1er Duc de Normandie)
36) Hugues LE GRAND et Edith DE WESSEX
37) Robert Ier DE FRANCE (Roi des Francs de 922 à 923) et Béatrice DE VERMANDOIS
38) Robert D'ANJOU dit Le Fort (Marquis de Neustrie, Comte de Tours et d'Anjou) et Adélaïde D'ALSACE
39) Robert III DE HESBAYE - 
40) Robert II DE HESBAYE - ?
41) Thurimbert DE HESBAYE - ?
42) Robert Ier DE HESBAYE - ?
43) Lambert DE HAYES - ?

Tout bon généalogiste sait qu’une recherche ne doit pas se baser uniquement sur les actes d’état-civil ou sur les registres paroissiaux. Il faut savoir utiliser d’autres sources comme les recensements de population, les dossiers militaires, les archives notariales et que sais-je encore. Si, comme moi, vous parcourez les forums et des groupes de discussions que l’on trouve un peu partout sur le net, vous entendrez souvent parler de fonds ou de séries qui sont bien souvent déboussolant pour les généalogistes débutants. Pourtant, il suffit parfois d’une petite recherche au bon endroit et d’un peu de hasard…

Je sais que ce n’est pas la meilleure des méthodes de recherches, mais il m’arrive de temps en temps de lancer une recherche dans Gallica en utilisant le nom et le prénom de mes ancêtres. J’ai toujours l’espoir  de trouver un article de presse ou une citation dans un quelconque ouvrage. C’est ce que j’ai fait il y a quelques mois avec Martin DESPATURES (aïeul à la 11e génération), un bourgeois de Lille qui a vécu au début du XVIIIe siècle.

Le titre de Bourgeois de Lille est apparu dès les origines de la commune de Lille. Le bourgeois de Lille se définie juridiquement comme le membre d’une communauté urbaine privilégiée. Ce titre s’obtenait soit par transmission l’année du mariage (par relief),  soit en s’acquittant d’un droit (par achat) de 25 livres 10 sols dont 15 livres parisis à la ville de Lille et le reste à divers responsables locaux. Le statut de bourgeois de Lille offrait de sérieux avantages, par exemple quiconque l’obtenait devenait uniquement justiciable de ses pairs (les échevins), il était affranchi de saisies ou prises de corps, à jours fixes au moins, durant le quart de l’année, s’il était attaqué ou en danger, il criait « Bourgeoisie » et tous lui devaient aide, quitte à se faire payer par la Commune.  Dans le cas de Martin, il s’agit de la bourgeoisie par relief car son père est bourgeois de Lille lui aussi.

Quand j’ai vu apparaitre les résultats de ma recherche sur le site de la BNF, j’ai tout d’abord cru qu’il s’agissait d’un homonyme, jusqu’à l’ouverture d’un livre intitulé « chronique d'une maison lilloise », écrit par L. Quarré-Reybourbon et lu à la Sorbonne le 8 avril 1885. En feuilletant virtuellement le livre, j’ai découvert que les parents et l’épouse de Martin DESPATURES correspondait avec les données que je possède sur le couple. Pas de doute, ce livre parle de mes ancêtres.

 

chronique d'une maison lilloise

Le livre par L. Quarré-Reybourbon

 

Comme dans une pièce de théâtre, faisons d’abord connaissance avec les personnages. Martin DESPATURES, un marchand de toile, est né le 10 octobre 1685 à Marcq-en-Barœul. Il est le fils de Pierre (Bourgeois de Lille aussi) et de son épouse Anne FRANCHOMME. Le 5 aout 1720, Martin s’uni religieusement à Marie Claire DUMOUSTIER à Lille (voir document ci-dessous). Marie Claire est la fille de parents que je ne connais pas encore.

 

acte de mariage entre Martin Despatures et Marie Claire Dumoustier

Acte de mariage DESPATURES-DUMOUSTIER (1720)

 

La maison « Beau Soleil » (indiquée par une flèche rouge sur le plan) est issue de la location et de la division en 17 lots de terrains situés autour de l’église Saint-Etienne en 1455. Des maisons dans le style hispano-flamand sont bientôt construites.  

 

plan du quartier

Plan du quartier

 

Je ne vais pas vous faire ici le détail des propriétaires qui s’y sont succédé. Pour faire bref, disons que la maison était connue sous le nom de « soufflet d’argent » depuis le XVe siècle. Par acte du 28 juillet 1676, elle passe dans les mains de la famille POLLET qui détruit le « soufflet d’argent » pour le remplacer par le « Beau Soleil » où Pierre POLLET installe son commerce de drap.

Le 3 novembre 1721, un bail est accordé pour la maison « Beau Soleil » par la demoiselle POLLET, fille de feu Pierre à Martin DESPATURES et son épouse Marie Claire DUMOUSTIER sous la caution de Charles DUMOUSTIER qui s’était alors engagé pour le paiement des 3 premières annuités.

Pendant les premières années qui suivent l’installation de la famille DESPATURES dans la maison « Beau Soleil », les premiers enfants du couple voient le jour : Marie Josèphe Cécile  (1721), Philippe Joseph (1723), Louis Joseph (1724), mon aïeule Marie Anne (1726), Henri Louis (1729), Marie Claire Angélique (1732), Marie Angélique Joseph (1735) et enfin Augustin Evrard Joseph (1739). Nous sommes au XVIIIe siècle, je pense qu’ils sont donc nés dans la maison, mais rien n’est sûr car je dispose d’aucune preuve pour le confirmer. Par  contre, ils ont tous été baptisés dans l’église Saint-Etienne qui été située derrière  chez eux.

Le 16 janvier  1755, suite au décès de Melle POLLET (qui s’est depuis remariée, mais pour simplifier je la laisse sous son nom de jeune fille) la maison change de propriétaire et passe dans les mains de Monsieur  Pierre DUPONT à qui elle est vendue suite à des enchères pour la somme de 13562 florins et 8 patards. Martin DESPATURES doit remettre la maison « à la Saint Jean » de la même année moyennant  une indemnisation comme il en est de coutume à Lille à l’époque. En effet, Pierre avait obtenu le consentement de Martin pour  la résiliation du bail qui devait durer jusqu'à la Saint-Pierre 1758, et lui donne de ce chef une indemnité de 159 florins.

Martin DESPATURES est décédé quelques années après avoir quitté la maison « Beau Soleil », le 6 aout 1767. Il est inhumé dans la petite nef vis à vis de la chapelle Saint-Jacques.

 

acte d'inhumation de Martin Despatures

Acte de sépulture de Martin DESPATURES (1767)

 

Son épouse Marie Claire DUMOUSTIER le rejoint le 2 janvier 1780 à l’âge respectable pour l’époque de 82 ans. Elle est inhumée dès le lendemain « dans le cimetière de la paroisse de la Magdeleine du faubourg présens » (Saint-Etienne).

Acte d'inhumation de Marie-Claire DUMOUSTIER (1780)

 

la maison beau-soleil en 1780

La maison « Beau Soleil » et l’église Saint-Etienne en 1780
(D’après un tableau de Louis Joseph WATTEAU)

 

Les observateurs auront noté la présence d’une église derrière la maison en 1780, il s’agit de l’église Saint-Etienne  dont j’ai déjà parlé plus haut et qui sera brulée ainsi que les maisons avoisinantes (dont une partie de la maison « Beau-Soleil ») lors du siège de la ville de Lille  par les autrichiens commandés par Albert de Saxe-Teschen au début de l’automne 1792, comme en témoigne M. VERSTRAETE le 2 octobre de la même année :

 

témoignage sur le bombardement de Lille en 1792

 

Le 5 juillet 1827, la maison est vendu à Monsieur CLAINPANAIN,  horloger, qui en était le locataire depuis un acte du 12 Floréal an XII (2 mai 1804).L’horloger décide d'agrandir en surélevant le bâtiment d'un 3e étage et d’un fronton qu'il fait décorer d'un soleil de cuivre doré dont les yeux à eux seuls coutèrent 60 francs. Depuis, La maison « Beau-Soleil » a su traverser les époques :

 

La maison beau soleil en 1855

La maison « Beau Soleil » en 1855

 

La maison « Beau Soleil » de nos jours