Genealexis

Histoires d'hier et d'aujourd'hui...

Histoire Locale

Si vous êtes une fidèle lectrice ou un fidèle lecteur de mon blog, vous savez sans doute que je suis plutôt râleur, peut-être vous souvenez-vous de l’affaire du copyright généalogique? J’aime être différent, montrer que je ne rentre pas dans le même moule que tout le monde. Pourtant, j’ai choisi de vous écrire un petit article «spécial Noël». Je vais être honnête, le plus dur a été de trouver un sujet à traiter, sachant que je n’avais pas envie de vous parler de la Crèche et du Père Noël. C’est en cherchant dans mes archives privées que j’ai eu le déclic : vous raconter l’histoire du Temple de l’Église Réformée de Valenciennes, situé à quelques pas de la Bibliothèque Municipale.

Le temple protestant, les académies et l'église de jésuite de Valenciennes sur une carte postale ancienne
Le temple protestant
(au fond à gauche)

Pour la petite histoire, j’ai eu la chance de pouvoir le visiter lors des dernières Journées du Patrimoine. Pris par le temps, j’avais juste eu le temps de visiter la Bibliothèque des Jésuites, l’auditorium Saint-Nicolas, la maison Scaldienne de la rue de Paris, l’Hôtel du Carondelet (la plus veille maison de Valenciennes) et enfin le Temple de l’église protestante de Valenciennes qui va nous intéresser aujourd’hui. Le texte qui suit cette introduction est issu d’une brochure.

En 1865, la communauté protestante était trop nombreuse pour être contenue dans une maison. Un local fut loué pour les réunions Place de l’Hôpital à Valenciennes, dans un quartier peu fréquenté et à l’abri des manifestations hostiles. C’est à cette époque que la Société Chrétienne du Nord, dont dépendait l’église de Valenciennes, plaça à son service le Pasteur Pierre Massot (le poste fut reconnu par l’État en 1875). Mais très vite, la communauté ressentit le besoin d’avoir un lieu de rassemblement qui lui fût propre. Et c’est le 28 novembre 1875 que fut achetée une maison à usage de ferme (la Ferme Miroux) en vue de la construction du temple.

Le temple protestant de Valenciennes sur une carte postale ancienne
Le temple protestant

Le 31 juillet 1878 par décret de Mac-Mahon, Président de la République le consistoire est autorisé à ratifier l’acquisition faite en son nom. On construit alors le temple, ainsi qu’une école de filles, et la maison d’habitation fut exhaussée pour servir de presbytère. C’est le lundi de Pentecôte 1879 que le Pasteur Adolphe Frunk inaugura le nouveau temple.

Une partie de l’ensemble immobilier est construit au dessus du Vieil-Escaut. C’est le 28 aout 1866 que l’autorisation a été donnée de construire 2 voûtes en maçonnerie sur la rivière du Vieil-Escaut. Ces coûtes en maçonnerie de briques présentent un largeur de 8,05 mètres entre les pieds droits qui sont établis parallèlement à l’axe du Vieil-Escaut et la clé de voûte en arc de cercle est placée à 2 mètres au dessus du niveau de navigation dans le bief de Fresnes. La surface ainsi construite est de 145 mètres carrés.

 

Joyeux Noël à tous !

Pour ma rentrée généalogique, je vais traiter d’un sujet qui concerne mes ancêtres et les vôtres. Comme les guerres, qui fauchent les hommes dans la fleur de l’âge, j’ai trouvé quelque chose qui a dû, je pense, toucher toutes les familles.

Parmi la foule d’ancêtres que collectionne un généalogiste, il y a parfois un individu qui sort du lot. Il peut s'agir d'une mère qui a eu une vingtaine d'enfants (à l’heure où j’écris ces lignes, mon record est 16 enfants pour un couple, et 18 enfants pour un homme avec 2 unions), d’un soldat qui a reçu une médaille à la suite d’un acte héroïque, d’un homme fusillé par les allemands dans la cave d’une villa de la Côte d’Azur pendant la Seconde Guerre Mondiale ou encore du cousin Henri qui était bagnard. Pour la première fois en un peu plus de 20 ans de recherches, 23 ans pour être précis, j’ai rencontré des personnes qui sont décédées pendant une épidémie. Dans le cas présent, il s’agit de l’épidémie de choléra qui a touché l’Europe a partir de 1830.

 

Le Choléra-morbus à Paris en 1832 par Honoré Daumier

Le choléra-morbus à Paris en 1832 (par Honoré Daumier)

Comme pour toute histoire que l'on raconte, je vais d'abord vous présenter l'héroïne : Choléra Morbus. Derrière ce doux nom se cache en réalité une gastro-entérite excessivement violente et dévastatrice causée par un bacille qui porte le joli nom de vibrio cholera. La contamination est orale, d’origine fécale, par l’eau de boisson ou des aliments souillés. La victime commence par être prise de vomissements et de diarrhées très violents, puis très vite, la victime se déshydrate, perd des éléments nécessaires au bon fonctionnement de son corps, comme par exemple certains sels minéraux. La moitié des malades meure dans les 3 jours.

 

Vibrio cholerae observé au microscope électronique à balayage

Vibrio cholerae observé au microscope électronique à balayage

Louison Maximilienne MESTER est décédée du choléra le 25 juillet 1832. La mention de la cause du décès est présente sur l'acte de décès disponible aux Archives Municipales de Quarouble mais est absente de la copie numérisée sur le site des Archives Départementales. Louison est née le 3 novembre 1796 à Saint-Saulve (Nord), fille naturelle de Marie Joseph MESTER. Le 16 mars 1825, elle devient, à la mairie de Saint-Saulve, la seconde épouse de Jean-Baptiste MASCART (1779-1866), arrière-petit-fils de mes aïeux Antoine MASCART et Michelle BRACONNIER (mes sosas n°644 et 645). Le couple formé par Louison et Jean-Baptiste aura 3 enfants : Louise Désirée (1826-1836), Henri (1829-1831) et Hubert (1831-1873). L’épidémie touche également Jacques Humbert JOLY qui est décédé le 24 juillet 1832, au domicile de son fils Augustin JOLY. Né le 26 mars 1721 à Quarouble (Nord), Jacques est le fils de mes ancêtres Antoine JOLY et Marie Jeanne MASCART (mes sosas n°640 et 641). Le 28 octobre 1782, Jacques épouse Prudence MASCART à l’église de Quarouble. Ensemble, ils auront 4 enfants : Augustin (né en 1791), Joséphine (née en 1794), Florentine (née en 1797) et enfin Béatrice (née en 1800).

 

La Route Nationale à Quarouble sur une carte postale ancienne

La Route Nationale à Quarouble

Comme Quarouble, de nombreuses villes européennes vont être durement frappées par des épidémies de choléra en 1832 et au cours du XIXe siècle. La maladie, qui est essentiellement liée aux mauvaises conditions sanitaires dans les villes, fait son apparition en Inde en 1826. Elle gagne Moscou et l’Empire Russe en 1830, y provoquant des émeutes puis progresse vers la Pologne et la Finlande. Le choléra atteint ensuite Berlin en 1831, la Grande Bretagne en février 1832, où elle provoque également des émeutes, et enfin la France en mars de la même année. L’épidémie touche certains grands noms du XIXe siècle comme Casimir Perier (président du conseil de 1831 à 1832), Sadi Carnot (Physicien français), Jean-Maximilien Lamarque (Général français), Georg Wilhelm Friedrich Hegel (Philosophe allemand) et bien d’autres.

Je suis en train de compiler des données sur le nombre de victimes du choléra dans le valenciennois en utilisant les chiffres paru dans « L’Echo de la Frontière » en 1832, mais j’ai encore besoin d’un peu de temps, je ne manquerai pas de vous tenir au courant.

Sources :

  • Mr et Mme G.L. (j’espère qu’ils se reconnaîtront)
  • Les Archives Départementales du Nord
  • Wikipédia
  • Le journal « L’Echo de la Frontière »
  • Site « Le journal des femmes »

 

Source: La Voix du Nord.
(cliquez pour agrandir)

 

Source pour le texte: "Brochure Notre-Dame du Saint-Cordon".

Alors que la cité du Hainaut était victime d'une terrible épidémie de peste, Bertholin, un pieux ermite du monastère de Fontenelle, près de Maing, implora la Vierge Marie d'intervenir en faveur des valenciennois. Celle-ci lui apparut et lui demanda de rassembler les habitants sur les remparts de la cité pendant la nuit du 7 au 8 septembre 1008. C'est au cours de cette nuit que Marie apparut escortée de ses anges et leur confia un fuseau de lin avec lequel ils tressèrent un cordon écarlate qu'ils déposèrent autour de la cité qui fut sauvée de la peste. En reconnaissance, les échevins de la cité promirent à la Vierge de refaire chaque année le "tour du Saint Cordon" en portant la précieuse relique autour de la ville. Ce qui fut fait sans interruption jusqu'à nos jours. Abritée en la vénérable collégiale Notre Dame la Grande, la relique du Saint Cordon - tout comme l'édifice - disparut à la révolution. Depuis 1804, c'est une statue de 125 kg qui est portée par 6 personnes sur les 147 km de la procession, une des plus importantes du Nord de l'Europe. La basilique Notre-Dame, datant de 1864, est en cours de restauration. Dans l'attente de sa réouverture, la statue de Notre Dame est accueillie en l'église Saint-Gery de Valenciennes.

Notre-Dame du Saint-Cordon à Valenciennes sur carte postale ancienne

Notre-Dame du Saint-Cordon

Depuis les origines, l'organisation du pèlerinage et la protection de la statue ont été confiées à la confrérie des Royés, nom tirant son origine du costume "rayé" des membres. Aujourd'hui, 40 hommes, avec leur bâton garni de buis, assurent le bon ordre de la procession et la garde la statue durant la neuvaine.

Notre-Dame du Saint-Cordon
(source: www.pelerinagesdefrance.fr)

Dans tout cet article, il faut prendre « belge » au sens « latin » du terme. Il désigne les populations celtes qui occupaient la Gaule Belgique, une région globalement située entre la Seine et le Rhin.

carte des peuples gaulois
Carte des peuples gaulois
(Cliquez pour agrandir)

Tacite, un auteur latin né en 58 et décédé en 120, disait des belges qu’ils « affectionnaient hautement leur origine germanique, disant que ce sang noble les séparait de toute similitude [avec les Gaulois] et de la paresse gauloise ». Cette origine déjà rapportée par Strabon et César,  a été confirmée par les recherches archéologiques qui tendent à prouver que des mouvements ethniques au IIIe siècle avant JC sont à l’origine de la formation des peuples connus sous le nom de belge durant l’antiquité.

Parmi les nombreux peuples de la « Belgica », on compte les Eburons, les Atrebates, les Viromanduens, les Ambiens et enfin les Nerviens, réputés pour être, selon César, le plus farouche de tous les peuples belges. Il indique par exemple que « les marchands n’avaient aucun accès auprès d’eux ; ils ne souffraient pas que l’on introduisit chez eux du vin ou quelques autres produit de luxe, estimant que cela amollissait leurs âmes et détendait les ressorts de leur courage ; c’étaient des hommes rudes et d’une grande valeur guerrière » qui érigeaient des défenses de haies, sûrement des bocage, pour défendre leur territoire.

A la fin de l’année 57 avant J.C., sous la conduite des Nerviens, presque aussi puissants que les Bellovaques, un peuple gaulois originaire de l’Oise, les belges des Flandres et du bord du Rhin opposent aux armées de César une résistance farouche lors d’une bataille qui leurs vaut la plus longue description de la part de César. Les Nerviens, sous la conduite de leur « Chef Suprême » Boduognatos, perdent 300 de leurs 600 sénateurs et la quasi-totalité de leurs guerriers : plus de 150000 sont morts ou ont fuit. Boduognatos meurt pendant la bataille. Par sagesse, pour éviter de les laisser démunis face aux agressions germaines, César conclut la paix avec les belges sans rien exiger d’autres. C’est une période qui est restée dans l’histoire sous le nom de Bataille du Sabis (La Selle, affluent de l’Escaut).

Après sa campagne contre les bretons (Grande-Bretagne) de 55 avant JC, Jules César est de retour en Gaule. Il fait campagne contre les Morins et les Ménapes, puis prend ses quartiers d’hiver chez les belges.

Pendant l’hiver 54 avant J. C, Le Hainaut est conquis par César au prix d’un siège de 7 jours et de la trahison de Vertigo, un aristocrate Nervien acquis à la cause romaine. Très vite, la région est latinisée voit son réseau de piste remplacé par 7 voies traversant l’Escaut : « Pons Scalis » (Escaupont) et 1 passant par Famars « Fanum Martis » où un camp situé au Mont-Houy domine les premières huttes valenciennoises. Les Nerviens se joignent à l’entreprise d’Ambiorix et assiègent Cicéron. Ils sont battus par César, venu au secours de son lieutenant.

les fouilles archéologiques à Famars
Les fouilles à Famars
(source: INRAP)

A la fin de l’hiver 53 avant JC, César rassemble ses troupes les plus proches (4 légions) et marche sur le pays des Nerviens, qui préparent de nouveau une entrée en guerre, sans leur laisser le temps de réagir. Il vole le bétail qu’il offre à ses soldats et dévaste la campagne nervienne. Les Nerviens sont obligés de se soumettre et doivent livrer des otages à Rome. L’année suivante, affaiblis, ils participent toutefois à la révolte de Vercingétorix comme Jules César lors de la Bataille d’Alésia en envoyant 5000 hommes.

Les Nerviens restent fidèles à Rome pendant la révolte du chef batave Civilis (68 et 69 après J.C.). Fidèle auxiliaire des armées romaines, il est soupçonné à tort de haute trahison avec son frère Paulus. Ce dernier est exécuté, alors que Civilis bénéficie de l'avènement de Galba qui le libère. II provoque en 69 une révolte de son peuple (la Révolte des Bataves) à la suite de laquelle il est bientôt rejoint par des Germains et une partie de la Gaule conduite par Julius Sabinus. Après des victoires dont la prise de Mayence il fut vaincu à Trèves par le général romain Petilius Cerialis, traita avec les Romains et devint leur allié en 70.

En 291 après JC, la région est repeuplée par des prisonniers Francs sous l’ordre de Maximien Hercule, suite aux incursions ennemies sur l’Empire. Il s’agit surtout de l’établissement des Chamaves et des Frisons, deux peuples germains, dans la Batavie (Pays-Bas actuels).

Au IVe siècle après Jésus-Christ, l’Empire Romain est devenu un empire chrétien depuis la liberté des cultes décidée par Constantin (en 313), l’interdiction des cultes païens et la promotion de la religion chrétienne en religion d’état par Théodose (en 394). C’est à cette période que Saint-Martin et son disciple Victrice évangélisent le Pagus Fanomartensis qui va de Famars à la Sambre et installent à Bavay un évêque nommé Superior.

Vers 432, les villes de la Belgique Seconde sont sans défense, car Aetius, le général romain chargé de la défense de la Gaule, a eu besoin des troupes pour lutter contre les Burgondes, les Alains, les Francs rhénans, les révoltes antifiscales et les Wisigoths. Clodion profite de l’occasion pour monter une expédition et s’empare de Tournai, Cambrai et Arras pour s’y installer pour quelques années. En 448, Aetius décide de punir les francs pour avoir annexé des territoires sans aucune autorisation. Il attaque Clodion à Helena (près d’Arras) pendant le mariage d’un membre important de son armée. Aetius sait très bien qu’il n’a pas les moyens logistiques de maintenir l’ordre dans les territoires occupés illégalement par Clodion. Il propose donc à celui-ci de renégocier le fœdus, le traité d'alliance de 342 qui fait des Francs saliens des fédérés combattant pour Rome et autorise Clodion à rester sur les territoires qu'ils ont déjà conquis en tant que « fédérés ». Clodion installe sa capitale à Tournai. A la mort de ce dernier, et comme le veut la coutume franque, son royaume est divisé entre ses 3 fils : Mérovée reçoit la ville de Tournai, son second fils reçoit Cambrai et enfin le dernier Tongres. Mais ça, c’est une autre histoire !

portrait Clodion le chevelu
Clodion Le Chevelu

Par ce que je sais que vous êtes des petits curieux avides d’histoire, je vous donnerai prochainement la liste des sources qui ont servi à l’écriture de cet article. Bonne découverte !